Coordination Rurale du Lot, syndicat agricole 100% agriculteurs

La Coordination Rurale : syndicat agricole résolument apartisan

Alors que le 24 avril, les Français sont appelés aux urnes pour élire le président de la République, la Coordination Rurale rappelle qu’elle est résolument apartisane, raison pour laquelle, elle ne donnera aucune consigne de vote, conformément à ce qu’elle a toujours fait quel que soit le scrutin.

Tout au long de la campagne présidentielle, la Coordination Rurale a tenu à rencontrer tous les candidats sans distinction de partis, de sensibilités ou de projets. Tous leurs programmes agricoles ont été examinés et leurs discours relatifs aux agriculteurs ont été analysés et comparés aux idées que le syndicat porte depuis sa création : des prix rémunérateurs, une politique agricole européenne simplifiée et raisonnée, une régulation des marchés… Tous les candidats ont donc été informés de ce que la CR attend d’eux !

Être apartisan, ce n’est pas être indifférent ! C’est même tout le contraire. Dans un cadre républicain, démocratique et légaliste, c’est un engagement pour une politique agricole déterminée par nous-mêmes, sans complaisance ou malveillance à l’égard d’aucun parti politique. C’est l’essence même du syndicalisme.

Ce que défend la Coordination Rurale, ce ne sont pas des personnalités ou des clans politiques, mais bien l’agriculture sous toutes ses formes. Son action est dictée par une volonté de solidarité envers tous les agriculteurs, mais aussi par un esprit farouche d’indépendance vis-à-vis de toutes les organisations économiques ou politiques. C’est pour cette raison que les représentants de la CR qui souhaitent s’engager en politique doivent impérativement démissionner de leur mandat syndical. Inscrit dans ses statuts, cette règle permet à la Coordination Rurale de conserver en toutes circonstances son sens critique.

Lettre ouverte à Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République

Monsieur le Président,

Vous avez recueilli une majorité des suffrages, et la Coordination Rurale tient à vous féliciter pour la reconduction de votre mandat à la tête du pays. Les chantiers qui vous attendent sur le volet agricole sont cruciaux et l’actualité dramatique du conflit russo-ukrainien met en lumière l’importance stratégique de l’agriculture, méprisée depuis des années par l’Union européenne qui, de réforme en réforme l’a livrée à l’absurdité de la « main invisible du marché ».

En tant que président de la République française pour les cinq ans à venir et de l’Union européenne pour encore deux mois, c’est à vous qu’il incombe de porter le langage du bon sens et d’agir en conséquence auprès des autres pays de l’UE et de sa Commission. Il n’est en effet plus envisageable ni même acceptable de laisser s’enclencher en 2023 la réforme en cours de la PAC ni la funeste stratégie « de la ferme à la fourchette ». La Coordination Rurale attend de vous une prise de position claire et immédiate dans ce sens. Mieux vaut différer cette réforme d’un an pour permettre à l’agriculture européenne de garantir la souveraineté alimentaire de l’Union européenne en produisant tout ce qui est nécessaire à la satisfaction des besoins alimentaires des Européens. C’est un chantier qu’il est vital de mener à bien et soyez assuré de notre entier soutien dans ce sens.

Nous attendons également que vous preniez pleinement en compte la nécessité d’une mise en cohérence de la politique agricole avec les politiques environnementales et commerciales. Comment concilier la production alimentaire en France et au sein de l’UE avec des objectifs politiques souvent contradictoires, quand ils ne sont tout simplement pas invalidants ?

Sur le plan intérieur, nous vous avons fait part de nos propositions lors de la campagne électorale qui vient de s’achever et nous espérons de votre part les actions nécessaires pour les mettre en œuvre. Nous sommes par exemple particulièrement attachés au maintien du système des calamités agricoles, et à une juste rémunération des agriculteurs.

Sur ce dernier point, la loi EGAlim, si elle reste incomplète – y compris dans sa deuxième version – aura tout de même permis de protéger les prix agricoles. Les efforts doivent donc être poursuivis pour que cette loi aille au-delà, et donne enfin un poids nécessaire aux agriculteurs pour mettre en place un prix rémunérateur minimum.

Enfin, si l’action de votre ministre de l’Agriculture a pleinement démontré son engagement en faveur du monde agricole, nous espérons que la conduite du gouvernement dans son ensemble permettra d’avancer positivement vers une véritable souveraineté alimentaire.

La loi d’avenir agricole que vous porterez sera sans doute l’occasion de faire vivre ce projet. La Coordination Rurale travaille chaque jour pour défendre celles et ceux qui nous nourrissent. C’est forte de cette ambition qu’elle reste présente et mobilisée pour discuter conjointement des solutions à apporter.

Vous remerciant pour l’attention que vous porterez à ce courrier, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma très haute considération.

Bernard Lannes, Président national de la Coordination Rurale

La Coordination Rurale reçue par le Directeur Général de l’OFB

Mercredi 20 avril 2022, nous avons été reçus, pour la première fois depuis la création de l’Office, par Pierre Dubreuil, directeur général de l’Office Français de la Biodiversité, pour porter à sa connaissance nos positions concernant son établissement, et ouvrir la porte à des échanges approfondis sur différentes thématiques.

Nous avons tout d’abord rapporté les nombreuses difficultés rencontrées lors des interventions des agents sur les exploitations agricoles, et fait part de nos propositions pour un cadre de contrôle apaisé et sécurisant pour tout le monde :

=>Ranger les armes de service dans les véhicules lors des opérations de contrôle ;

=> Filmer les interventions, tant pour la protection de l’agriculteur que des contrôleurs ;

=> Permettre aux agriculteurs de se faire assister par un tiers ;

=> Tenter de déjudiciariser les affaires, tant que faire ce peut ;

=> Faire preuve de pédagogie et de prévention partout où cela est possible, au regard de la complexité du droit de l’environnement. Le droit à l’erreur de bonne foi est aussi à prendre en compte ;

=> Mettre un frein aux pratiques de délation.

Concernant l’économie d’usage des produits phytosanitaires et le programme écophyto, nous pensons que, comme pour le secteur de la recherche-innovation technique, les agriculteurs doivent être inclus à tous les niveaux : bien souvent, ce sont les agriculteurs qui innovent et savent comment conduire les cultures, il faut les écouter, leur permettre de faire remonter et partager les bonnes pratiques.

Nous demandons à voir plus d’appels à projets ouverts aux agriculteurs et que le monde agricole soit mieux informé de ces appels à projet. Ecophyto attribue des fonds sans attendre des résultats. Nous souhaiterions que la liste des bénéficiaires, les montants reçus et la raison de l’attribution soient rendus publics afin qu’un contrôle puisse être possible.

Sur ce point, l’OFB va étudier la possibilité d’une transparence accrue.

Nous avons ensuite rappelé notre position concernant l’usage des produits de traitement : ils sont une solution pour sécuriser nos récoltes et donc nos revenus. Si la volonté est d’utiliser moins de produits, il est nécessaire de pouvoir répercuter la hausse des coûts de production sur les prix de vente. Nous avons rappelé nos combats contre les importations toxiques de phytosanitaires, et pour la reconnaissance du concept d’irrigation importée.

Concernant les dégâts de gibiers, nous demandons une réunion ultérieure sur ce sujet avec les services de l’OFB.

Problématiques loup : Le DG a reconnu notre sérieux et notre bonne connaissance des dossiers.

Nous avons notamment rappelé la problématique des comptages des populations, ainsi que les difficultés rencontrées lors des constats de prédation. Le DG souhaite la mise en place de constats de prédation par télédéclaration, réalisés directement par les agriculteurs, sans que l’OFB n’ait à se rendre sur place.

Rapport sur les normes européennes d’importations de produits agricoles : la Commission européenne reste prudente

La Coordination Rurale, syndicat agricole français, a consulté la version provisoire du rapport de la Commission européenne sur les normes sanitaires et environnementales de l’Union européenne relatives aux importations de produits agricoles et agro-alimentaires. Si la Commission européenne pense que ces normes doivent être harmonisées, le rapport relève plus d’une communication prudente que d’une réelle avancée.

Le rapport stipule : « En conclusion, si toutes les conditions mentionnées ci-dessus sont remplies, les réglementations nationales en matière de méthodes de production pourraient être considérées comme compatibles avec les règles de l’OMC ». Mais comment imaginer que ces normes seront effectivement mises en place alors que le principe majeur de l’OMC repose sur la non-discrimination entre les partenaires commerciaux ? Et quand bien même des avancées pourraient être obtenues, le temps diplomatique n’est pas celui du commerce, ni celui de l’activité agricole.

En d’autres termes, le rapport ne montre aucune base concrète pour envisager une solution systématique et immédiate.

Nous ne pouvons tout simplement pas continuer à importer des denrées qui ne sont pas autorisées à être produites par les pays de l’Union européenne. Afin de permettre aux Européens de se doter de la souveraineté alimentaire, la Coordination Rurale demande que le commerce des productions agricoles de l’UE ne soit plus régi par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et qu’il soit placé sous l’égide de l’ONU, qui devrait devenir la « police alimentaire mondiale ». L’agriculture de l’Union européenne pourra ainsi bénéficier d’une politique agricole qui permettra d’atteindre les objectifs qui ont été fixés initialement par les fondateurs de l’Europe.

Sécheresse : la CR défend la vérité sur l’utilisation de l’eau en France

Face à la sécheresse, le ministère de l’Agriculture a convoqué les représentants du monde agricole pour faire un point de la situation. Après un exposé rappelant la situation préoccupante des nappes phréatiques, tout en admettant que cette même situation pouvait évoluer, plusieurs mesures dont les médias se sont fait l’écho ont été confirmées. Le ministre a, par ailleurs, rappelé l’importance, voire la priorité, de l’agriculture notamment vis-à-vis des utilisations de confort telles que les piscines ou encore les golfs. L’administration s’est également étonnée de la part minime des subventions pour l’acquisition de matériels innovants permettant une utilisation plus efficace de l’eau. Un étonnement partagé par la Coordination Rurale (CR), d’autant que le ministère fait partie des donneurs d’ordre en la matière.

Nous concernant, les enjeux sont ailleurs. L’eau est indispensable pour nourrir les cultures qui vont nourrir la population. Focaliser les problèmes liés aux sécheresses sur l’agriculture n’est qu’un moyen détourné pour la faire disparaître. D’autant que l’agriculture n’est pas la plus grande consommatrice d’eau en France. Elle arrive en cinquième position avec moins de 10 % (9,7 %) de la consommation totale du pays, et surtout loin derrière le refroidissement des centrales électriques qui prélèvent en amont et rejettent un peu plus chaud en aval (48 %), les fuites du réseau de distribution (20 %), la distribution d’eau potable (17 %), et les canaux de navigation (15,8 %). Seuls l’industrie et les services font mieux (9 %).(1)

Bernard Lannes, président de la CR, a rappelé l’augmentation, tant quantitative que qualitative, des conflits d’usage ; ces derniers s’intensifiant notamment en fin de période d’irrigation. Il a également souligné que priver l’agriculteur de la ressource en eau pour les dernières irrigations revient à condamner la culture. Si le ministère de l’Agriculture a pleinement conscience des enjeux, ce n’est pas le cas du grand public, formaté depuis des années par certaines associations, les médias, et même des politiques. Ainsi, aujourd’hui, pour le plus grand nombre, les agriculteurs sont des « assoiffeurs ». Face à ce « torrent » d’inepties la Coordination Rurale se bat seule pour rétablir la vérité et défendre les droits des agriculteurs.

 

Sources (1)

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Coordination Rurale du Lot
Lieu dit Marguerite
46100 Cambes

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